Louise Michel, une femme en résistance

Publics : tous publics à partir du collège
12 visuels
2 formats au choix : 45 x 60 cm ou 60 x 80 cm (
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2 supports au choix : bâche pvc 380 gr ou 520 gr
Fixation : oeillets métalliques Ø 1 cm

 
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LOUISE MICHEL, une femme en résistance

Cette année là, l'histoire révolutionnaire de la France allait donner son premier acte avec la Révolution de juillet. Soixante-quinze ans plus tard, le 9 janvier 1905, quand Louise Michel décède, la République s'apprête, cette même année, à achever une première oeuvre démocratique, sociale et laïque. Louise Michel a traversé le XIXe siècle révolutionnaire et assisté aux premières avancées sociales et républicaines. Elle a aussi dévoué son existence aux autres, à leurs causes, dont elle se fit la porte-parole éloquente et combative. Quand Louise née, à l'aube de la Révolution industrielle, la France est dans une période économique, sociale et politique difficile et une partie de la jeunesse française s'apprête à descendre dans la rue...

1830 - 1850, l'enfance de Louise Michel

Louise est née le 29 mai 1830 au château de Vroncourt en Haute-Marne. Son père est un châtelain, Laurent Demahis, sa mère, une jeune servante Marianne Michel. Elle va grandir dans un milieu plutôt libéral et instruit, et recevoir une bonne éducation. 

« Je suis une bâtarde, mais ceux qui m'ont fait le mauvais présent de la vie étaient libres ! »

La Révolution de 1830

La montée en puissance de l'industrialisation va provoquer la spéculation financière et la surproduction. Dans les années 1830,  l'agriculture subit de mauvaises récoltes provoquant une augmentation considérable des aliments de base. Chômage, incertitude du lendemain, artisanat et petits commerces sans clients… Le régime politique de l'époque est bousculé. Ses différentes initiatives à contre-courant de l'opinion publique provoquent la Révolution de 1830 (notamment les ordonnances du 25 juillet 1830 suspendant la liberté de la presse, prononçant la dissolution de la Chambre et limitant encore plus la base électorale).

1851 - 1856, l'institutrice de la République

Son diplôme d'institutrice en poche, Louise décide d'ouvrir une école libre à Audeloncourt (Haute-Marne) le 27 septembre 1852. Dans le cadre de ses nouvelles fonctions, on raconte qu'elle refuse de prêter serment à l'Empereur. Elle commence à correspondre avec Victor Hugo, écrit des poèmes et collabore avec des journaux locaux d'opposition. 

« Royalistes ou républicains,
Qu'importe le sceptre des Rois,
La baïonnette citoyenne,
Les lys ou le vieux coq gaulois…
Car tout cela ensemble
C'est la France de Charlemagne
De Jeanne d'Arc ou de Henri… »

La Révolution de 1848

À l'aube de la Révolution, les circonstances économiques et sociales en France sont difficiles, notamment pour la nouvelle classe ouvrière. Pourtant issu de la Révolution de 1830, le pouvoir est replié sur son conservatisme aux mains du légitimisme et de l'Église. 1848 est la révolution du coeur et de l'espérance en des libertés nouvelles (suffrage universel, l'accès pour tous à éducation, à la protection sociale, au droit du travail...).

1856 - 1866, une vie intellectuelle intense

En 1856, quittant sa vie de province, Louise Michel s'installe à Paris et trouve un nouvel emploi d'institutrice. Elle connaît une grande activité. Comme institutrice, elle écrit avec talent sur la pédagogie (Lueurs dans l'ombre : plus d'idiots, plus de fous publié en 1861). Comme artiste, elle écrit et rime, parfois sous le pseudonyme d'« Enjolras », envoyant ses poèmes à Victor Hugo. Comme militante, elle continue à écrire pour des journaux d'opposition et s'investit, dans les années 1860, dans les droits et la condition des femmes. En 1865, aidée par sa mère, Louise Michel ouvre une école rue Houdon dans le XVIIIe arrondissement puis en 1868, rue Oudot.

Le monde ouvrier sous l'Empire : la population industrielle représente environ 28 % de la population totale vers 1860. Branches d'activités, métiers exercés, lieux de travail sont autant de différenciations qui font de cette population un ensemble finalement assez hétérogène. Deux exemples aux extrémités de ce milieu ouvrier : le compagnon qui travaille souvent dans les ateliers en milieu urbain. Il est qualifié donc instruit, de bonne moeurs et fait partie de l'élite ouvrière.  Le prolétaire de l'usine est souvent un rural déraciné, sans qualification et dont la famille est au complet à l'usine affectée à des tâches harassantes. Journées de 13 à 15 heures, conditions de travail dangereuses, exploitation des enfants, sous-salariat des femmes, alcoolisme, prostitution et forte natalité sont le lot quotidien de ces populations. En 1860, sur 100 décès, 9 surviennent dans les classes dirigeantes et représentent 90 % de la richesse léguée,  67 décès surviennent dans les classes populaires, et représentent… 0,23 % de la richesse léguée ! 
 

1869-1870, l’intensification de l’engagement

C’est au printemps 1869 que Louise Michel rencontre Théophile Ferré, jeune journaliste, brillant orateur et militant communiste exalté. Il sera son amour platonique durant toute sa vie. Elle devient secrétaire de la Société démocratique de moralisation, une association ayant pour but d'aider les ouvrières à vivre par le travail. Elle participe aux manifestations pour la paix de l’Internationale dénonçant la déroute politique et militaire du Régime impérial. En novembre 1870, elle est élue présidente du Comité républicain de vigilance des citoyennes du XVIIIe arrondissement de Paris. Elle poursuit son activité d’institutrice rue Houdon ou elle organise une cantine pour ses élèves dans un Paris en disette.

La crise de 1870

« Frères d’Allemagne, au nom de la paix, n’écoutez pas les voix stipendiée ou serviles qui cherchent à vous tromper sur le véritable esprit de la France, nos divisions n’amèneraient, des deux côtés du Rhin, que le triomphe complet du despotisme. » 
Cet appel adressé aux ouvriers allemands de la section française de l’Internationale illustre en juillet 1870, le combat de la gauche française pour la paix et le refus du conflit avec la Prusse. Mais de part et d’autre de la frontière, les élites au pouvoir veulent la guerre. En France pour redorer le blason de l’Empire, en Allemagne pour cimenter l’unité allemande. Infériorité numérique, incompétences des officiers, organisation désastreuse des troupes, en août 1870, les défaites s’accumulent et le 1er septembre, à Sedan, 80 000 hommes sont encerclés avec l’Empereur et sont fait prisonniers. Le 4 septembre, le Paris ouvrier envahit l’assemblée. L’Empire est déchu, la République proclamée !

1871, Louise dans la tourmente de la Commune

Le 7 janvier 1871, les délégués des vingt arrondissements de Paris, Vaillant, Ferré et Vallès font placarder dans la capitale l'Affiche rouge qui appelle le peuple de Paris à se battre et proclame l'indépendance de la Commune. Durant quatre mois, entre combats et déchirements, la Commune de Paris va gérer sa destinée, dressant les fondations d'une société nouvelle :

« On voulait tout à la fois, arts, sciences, littérature, découvertes. La vie flamboyait. On avait hâte d'échapper au vieux monde… » 

Pourquoi la Commune ?

Expulsion des pauvres du coeur de la capitale, paupérisation du monde ouvrier, en 1870, le peuple de Paris a depuis longtemps divorcé de celui de la province. Le choc de la défaite en septembre, l'annonce de la capitulation le 28 janvier 1871, l'élection d'une assemblée de ruraux monarchistes comme réponse politique à ces drames vont déclencher l'insurrection. Dans un Paris assiégé, la Garde nationale, chargée d'organiser la défense, est un lieu de rencontre et d'émulsion populaire. En septembre 1870, elle est une milice citoyenne. En février 1871, elle devient une fédération. En mars 1871, elle est la gardienne de la " République de Paris " face à l'abandon de la France par une assemblée partie siéger à Versailles. Paris « Ville libre », autonome et combattante, s'offre en exemple à tout le pays : « Paris à haute voix déclare que l'on ne touchera pas à la République. ».

Mai 1871, la semaine sanglante de la Commune

Tout au long des quatre mois de la Commune, Louise Mochel comme des centaines d'autres femmes enrolées, va faire partie du 61e bataillon de marche de Montmartre. C'est à la barricade de la chaussée Clignancourt, avec quelques dizaines d'hommes de son bataillon, qu'elle tire ses derniers coups de feu. Elle s'échappe, mais doit se livrer ensuite pour libérer sa mère, arrêtée à sa place.

Qui étaient les Communards ?

« Avant l'embarquement, l'administration pénitentiaire dresse l'état nominatif des femmes que l'on envoie en Nouvelle-Calédonie;  des blanchisseuses, des couturières, des lingères, une institutrice, une religieuse, une fille soumise, reflet social des femmes de la Commune. » Les insurgés de 1871 ont en moyenne 33 ans et 1 sur 2 est célibataire. Pour près des deux-tiers, ils lisent et écrivent mal. Ils sont en grande majorité salariés, ouvriers du bâtiment, des métaux, journaliers, mais aussi employés, petits patrons, marchands et ouvriers établis… La Commune rassemble bien au-delà des métiers et des classes sociales. La Commune est majoritairement ouvrière mais elle est d'abord l'insurrection du « tout-Paris du travail ». 

1871-1873, le procès de Louise Michel...

À partir du 28 juin 1871, Louise Michel est interrogée à plusieurs reprises. Lors de son procès, elle bénéficie de plusieurs témoignages d'élus. Mais dans les faits, la culpabilité de Louise Michel est établie. Elle a participé, intensément,  aux événements révolutionnaires et au soulèvement de la Commune de Paris... Et le crie distinctement :

« Il faut me retrancher de la société. On vous dit de le faire. Eh bien ! Le commissaire de la République a raison. Puisqu'il semble que tout coeur qui bat pour la liberté n'a droit qu'à un peu de plomb,  j'en réclame ma part, moi. »

Le 16 décembre 1871, Louise est condamnée à la déportation en enceinte fortifiée.

 « Je ne veux pas me défendre, je ne veux pas être défendue : j'appartiens toute entière à la Révolution sociale et je déclare accepter la responsabilité de tous mes actes. Je l'accepte toute entière et sans restriction. »

L'oeuvre de la Commune

La Commune va travailler dans de nombreuses directions…Des mesures d'urgence seront prises :  les loyers échus et impayés sont annulés, « La propriété doit faire sa part de sacrifices ». En accord avec les syndicats patronaux les dettes commerciales sont étalées. La conscription est abolie, le service militaire est obligatoire pour tous ! Les budgets du culte sont supprimés, l' Église est séparée de l'État, l'école laïcisée. La formation professionnelle est renforcée, « Il faut qu'un manieur d'outil puisse écrire un livre… ». Les activités artistiques sont libérées. Le travail de nuit est supprimé, comme les retenues sur salaire et amendes. Le Mont-de-piété devient banque de crédit, certains moyens de production importants sont « communalisés »…La Commune va vivre son rêve de liberté. Elle sera le « laboratoire » d'une « expérience de physique sociale ».Près de 4 000 fédérés mourront au combat, au moins 12 000 seront exécutés. Paris avait perdu 100 000 travailleurs, 1 ouvrier sur 7.

1873-1880, huit années de déportation

Louise Michel est embarquée sur le Virginie le 24 août 1873. Durant ces années, outre ses liens d'amitiés avec a population canaques, elle entretiendra des correspondances avec ses amis ainsi que Victor Hugo ou Clémenceau… Le 16 décembre 1879, la peine de Louise est enfin remise… Elle va bientôt revoir la France. 
En 1875, l'Assemblée nationale vote la Constitution d'une IIIe République encore fragile. Sous l'impulsion de Gambetta, de 1876 à 1879, les Républicains remportent les différentes élections. L'ère des rois appartient définitivement au passé. L'oeuvre de la IIIe va pouvoir commencer.

1881-1890, l'engagement libertaire

Le 9 novembre 1880, Louise arrive à la Gare Saint-Lazare, venant de Dieppe. Elle reçoit un accueil enthousiaste, ses amis sont là, la presse aussi est présente. À partir de son retour en France, elle va se réclamer de l'anarchisme.  Militante infatigable, elle fera des centaines de conférences en France et à l'étranger, en Angleterre, en Belgique, en Hollande…
En juillet 1881 : «  À force de comparer les choses, les hommes, ayant vu à l'oeuvre nos amis de la Commune si honnêtes qu'en craignant d'être terribles ils ne furent énergiques que pour jeter leurs vies, j'en vins rapidement à être convaincue que les honnêtes gens au pouvoir y seront aussi incapables que les malhonnêtes sont nuisibles et qu'il est impossible que jamais la liberté s'allie à un pouvoir quelconque. »

1890-1905, la militante infatigable

Louise Michel meurt le 9 janvier 1905, à Marseille, au cours d'une tournée de conférences. Son corps est ramené à Paris et ses obsèques, de la gare de Lyon au cimetière de Levallois, sont suivis par une foule immense, plusieurs dizaines de milliers de personnes au moins, le « tout-Paris du travail »  qui accompagne Louise Michel une dernière fois.

« Être enfermée dans un prison, cela m'est égal… On y est tranquille, fort à l'aise et nul bruit ne vient troubler vos méditations. Je passe là des heures presque délicieuses  et j'irai même plus loin : je m'accorderais fort bien d'une existence pareille. »

L'héritage de Louise Michel...

Louise Michel n'est pas seulement le symbole de la Commune de Paris ou bien la leader anarchiste. Sa vie, son oeuvre de luttes, sont imprégnées des sentiments les plus nobles. Alors qu'elle écrivait à vingt ans son admiration  pour sa tante, « qui avait pris du chritianisme  tout ce qui peut entraîner », elle deviendra une figure de la solidarité et de la lutte ouvrière en permanente bataille contre le régime et ses sbires. Une telle distortion peut paraître étrange. Sauf si l'on prend la mesure de la personnalité, généreuse, fidèle en amitié, d'un courage immense dans son engagement. Louise Michel est notre conscience de liberté. Il faudra encore attendre la Libération en 1945 pour que les femmes puissent avoir le droit de vote. Louise Michel était une pionnière,et bien de ses rêves sont encore à réaliser.

« Un visage aux traits masculins, d'une laideur de peuple ; un front ovale de poète ou de prophète et rudement implanté sur les tempes viriles,un bandeau pesant de cheveux gris ; une tête énergique. Laideur, certes, mais laideur à la Mirabeau, à la Danton, laideur qui subjugue les foules… »

Clémenceau dans les années 1920, souvenir de Louise lors de son procès…
« Elle a été admirable devant les Versaillais. Elle leur a dit : il ne faut pas vous imaginer que vous me faites peur ! Mais je vous méprise ! vous êtes des bandits ! des assassins ! »

Louise Michel, une femme en résistance

PLAN DE L'EXPOSITION (12 visuels)

1 - Titre et introduction

2 - 1830-1850, l’enfance de Louise Michel

3 - 1851-1856, l’institutrice de la République

4 - 1856-1866, une vie intellectuelle intense

5 - 1869-1870, l’intensification de l’engagement

6 - 1871, Louise Michel dans la tourmente de la Commune

7 - Mai 1871, la semaine sanglante de la Commune

8 - 1871-1873, le procès de Louise Michel...

9 - 1873-1880, huit années de déportation

10 - 1881-1890, l’engagement libertaire

11 - 1890-1905, la militante infatigable

12 - L'héritage de Louise Michel

 


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