La liberté d'expression dans la presse et les médias

  Publics : tous publics à partir du collège
16 visuels
2 formats au choix : 45 x 60 cm ou 60 x 80 cm (
≈)
2 supports au choix : bâche pvc 380 gr ou 520 gr
Fixation : oeillets métalliques Ø 1 cm

LOCATION

Toute personne a droit à la liberté d'opinion et d'expression, 
ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions
et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières,
les informations et les idées par quelque moyen que ce soit.
Déclaration universelle des Droits de l'Homme / article 19

Introduction (1)

La vocation de la presse, des radios et des chaînes de télévision est d'informer le public sur les différents sujets qui font l'actualité du monde. Il est possible de classer l'information de multiples manières. Une presse est concentrée sur l'actualité quotidenne, d'autres médias proposent dossiers, investigations, débats autour de sujets de plus grande ampleur ou à plus long terme. À l'autre bout du panorama, des médias sont essentiellement concentrés sur le sensationnel.

Parce que les avis sont multiples et parce qu'ils sont tous respectables, leur diffusion et les confrontations qu'ils suscitent imposent, en corollaire à la liberté d'opinion, la totale liberté d'expression de la presse et des médias. 

La liberté d'opinion et la liberté d'expression forme un couple indissociable pour que s'imposent les principes démocratiques telles qu'ils sont définis par la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme du 10 décembre 1948, et son article 19.

Ces libertés forment un bien précieux, elles sont un espoir pour les peuples encore asservis et une réalité toujours à défendre, même dans les démocraties les plus avancées.

La liberté d'expression dans la presse et les médias

PLAN DE L'EXPOSITION (16 visuels)

1 - Titre et introduction 
2 - L'émergence de la presse 
3 - La presse des XVIIe et XVIIIe siècles 
4 - Le XIXe siècle 
5 - 1870-1914 
6 - La guerre de 1914-1918 
7 - 1919-1940 
8 - La radio, 1918-1940 
9 - Les médias de la guerre de 1939-1945 
10 - La presse depuis 1945 
11 - La télévision 
12 - Années 1990, l'apparition d'Internet 
13 - La crise de la presse écrite
14 - La liberté d'expression en France
15 - 2015, la liberté d'expression face à de nouveaux dangers
16 - La laïcité

Lien ONU : Journée mondiale de la liberté de la presse

Lien UNESCO : Journée mondiale de la liberté de la presse

La lente émergence de la presse (2)

Avec l’écriture, la circulation des informations va s’accélérer. Les civilisations les plus avancées (Égypte,  Perse, Grèce, Empire romain) organisent des services postaux. L’écrit supplante signaux et transmission orale ;  les nouvelles du jour sont affichées dans le forum grec et les acta diurna sont placardés sur les murs de Rome  mais avec l'autorisation de Jules César.

Il faut attendre le XVe siècle pour que commencent à circuler des informations économiques ou politiques entre les principaux centres européens avec des journaux manuscrits : les avvisi de Venise  et les zeytungen d’Anvers. Après l’invention de Gutenberg, en 1438, le premier livre est imprimé,  en 1473, et des libelles sont diffusés mais sans parution régulière.

En France et en Europe occidentale, L’Église catholique tient l’institution scolaire et les universités  créées sous son contrôle depuis le XIIe siècle. Aux débuts de l’imprimerie, l’essentiel des impressions  sont religieuses (75 % des livres imprimés entre 1450 et 1517 sont en latin). Mais la vivacité de l’édition incite les autorités civiles et religieuses  à censurer et légiférer les activités de presse et d'édition.

En 1563, les autorités ecclésiastiques édictent  des règlements et instituent l’Index pour lutter contre l’hérésie. Aux Pays-Bas, en 1605, puis en Suisse, en Allemagne, en Angleterre  apparaissent des éditions régulières. En France, en 1631,  Théophraste Renaudot publie le premier numéro de LA GAZETTE.

La liberté d'expression dans la presse et les médias

La presse des XVIIe et XVIIIe siècles (3)

Dans le sillage de LA GAZETTE, d’autres journaux vont naître…  

Les rois et ministres s’inquiètent de cette liberté offerte à la circulation des idées.  Pour sauvegarder leur liberté d’expression, les auteurs et les philosophes se tournent vers les Pays-Bas.  En 1684, Pierre Bayle y crée un périodique de critique littéraire, les NOUVELLES DE LA RÉPUBLIQUE DES LETTRES qui rencontre un grand succès grâce à son style abordable. Cependant, la presse reste mal considérée par les intellectuels  et les philosophes du XVIIIe. Montesquieu, Voltaire,  Diderot, Rousseau sont hostiles à l’égard  des journaux qu’ils jugent « sans mérite et sans utilité ».  Cette divergence s’estompe à la fin du XVIIIe siècle.

Journalistes et acteurs de l’Histoire, Brissot, Mirabeau, Desmoulins,  Hebert, Marat multiplient les journaux à la veille et pendant la Révolution. L’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen,  du 28 août 1789, institue la libre communication de la pensée et des opinions.

Le XIXe siècle (4)

Après la Révolution… l’Empire !

Napoléon s’intéresse à la presse mais entend qu’elle soit aux ordres, et elle le sera ! Dès 1805, des agents censeurs sont dans les rédactions et contrôlent ce qui s’écrit ; l’Empereur lui-même précise le plan des divers articles qu’il souhaite voir publier.

La Restauration

La Restauration suit le même chemin et les lois d’encadrement de la presse se succèdent :  une loi visant la liberté de la presse provoque la Révolution de 1830.

1848

En 1848, les journaux soutiennent la Campagne des banquets qui bouscule la monarchie  et ouvre une brève période de liberté avec la IIe République.
 
Napoléon III, après le coup d’État du 2 décembre 1851, va renouer avec la tradition impériale de contrôle de la presse, en instituant l’autocensure,  par un système qui condamne un journal à la disparition, après le troiième avertissement ! Napoléon III desserrera progressivement l’étau ; avant le début de la guerre de1870,  le gouvernement d’Emile Ollivier permet à la presse de retrouver sa liberté. 

1870-1914 (5)

Le développement de la presse

Des améliorations techniques donnent un nouvel essor à la presse (saisie des textes avec la linotypie,  images transmises par bélinographe, progrès des techniques d’impression, extension des agences  de presse…). Les coûts d’impression et de vente baissent dans une société où l’analphabétisme  est en recul sensible.

Le public va se passionner pour les feuilletons d’aventures et de mystères qui s’étirent  au fil des numéros. D'autre part, l’influence de la presse sur le plan politique va aller en augmentant,  tout homme influent ambitionnant d’avoir son journal. La presse se trouve naturellement  au coeur des débats qui agitent le pays (scandale de Panama, affaire Dreyfus...)

La loi du 29 juillet 1881

La liberté est acquise en Europe et la loi du 29 juillet 1881 fait bénéficier la  France  du régime le plus libéral ; elle respecte l’esprit de la Déclaration de 1789, et la presse se décline  sur tout l’arc des sensibilités politiques, de LA RÉVOLUTION SOCIALE où écrit Louise Michel  à LA LIBRE  PAROLE  d’Edouard  Drummond. 

Mais la presse ne reste pas à l’abri de la corruption ou de la diffamation !

A – 28 / 12 / 1880 – loi scolaire
B – 18 / 3 /1881 –  anniversaire de la Commune
C -  29 / 10 / 1885 –  le vaccin de la rage
D – 13 / 1 / 1898 – « J’accuse »,  de Zola
E – 4 / 7 / 1905 – loi de séparation églises  / Etat
F – 1 / 8 / 1914 – assassinat de Jean Jaurès
G – 2 / 8 / 1914 – la guerre !

La liberté d'expression dans la presse et les médias

La guerre de 1914-1918 (6)

La guerre de 1914 va opposer la liberté de la presse et l’intérêt supérieur de la Nation. Pour éviter la divulgation d’informations dangereuses pour la sécurité du pays et donner une version favorable des événements, deux méthodes sont mises en oeuvre :

La censure

La censure n’est pas nouvelle ;après la découverte de Gutenberg, les autorités ecclésiastiques édictèrent des règlements et instituèrent l’Index en 1563 pour surveiller l’édition. Les siècles suivants ouvrirent une alternance de liberté et de censure. Une loi du 5 août 1914  destinée à « réprimer les indiscrétions de la presse en temps de guerre » va concerner les journaux et le courrier des poilus.

La propagande

Elle a un double but : maintenir le moral de la nation par un compte-rendu optimiste des opérations militaires (le bourrage de crâne) et inversement, démoraliser l’adversaire par la diffusion de nouvelles alarmantes pour lui…

1919-1940 (7)

Après 1919, en France et en Grande-Bretagne, la presse perd son prestige et son crédit,  victime du « bourrage de crâne » et des rumeurs diffusées durant la guerre. La modernisation des techniques d’impression (héliogravure, off-set couleurs…)  majore les coûts et attise la concurrence. Les prix des quotidiens augmentent !

D’autres causes aggravent les difficultés de la presse    

Le public ressent une dégradation de la qualité de l’information  (surexploitation du sensationnel : affaire Landru, procès Seznec, scandale Stavisky…).    La radio émergente concurrence les journaux pour l’information politique  et les prive d’une part de plus en plus importante de la publicité.    Les hebdomadaires politiques apparaissent et bénéficient rapidement d’une grande influence : VENDREDI, MARIANNE pour le lectorat de gauche, CANDIDE, GRINGOIRE, JE SUIS PARTOUT pour celui de droite…  Deux hebdos émergent de cette vague : LE CANARD ENCHAINÉ  et un organe d’analyses économiques et sociales au titre sécurisant, LA LUMIERE. 

Déjà incertain, le paysage économique et politique européen subit les effets du crack boursier  américain de 1929 qui mêle la confusion à l’inquiétude ambiante.  

La radio, 1918-1940 (8)

La première liaison radio

Fruit des expérimentations de Hertz, Branly ou Marconi, la première liaison radio est réalisée en 1908. La radio, d’un usage quasi-exclusivement militaire durant la guerre, devient très vite un enjeu pour l'État et les acteurs publics comme pour le privé et ses luttes d'influence.

La liberté d'expression dans la presse et les médias

Les États-Unis pionniers de la radio

Les États-Unis sont le premier pays à croire à la radio et en son potentiel publicitaire.  La Grande-Bretagne et l’Allemagne restent adeptes d’un système étatisé.  La France choisit un système mixte avec des radios d’État et des radios privées,  les premières financées par une redevance instituée en 1933,  les secondes par la publicité. Georges Mandel conforte cette politique,  travaille à l’amélioration des programmes et au développement de l’industrie de la radio  ce qui se traduit par une forte augmentation des récepteurs.

L’impact de la radio incite les politiques à l’utiliser, voire à la contrôler.

Pour les publicitaires, il s’agit de l’investir… Précurseur, Marcel Bleustein-Blanchet fonde,  en 1935, RADIO CITÉ qui va proposer aux annonceurs des émissions populaires  et très écoutées. Les auditeurs vont découvrir des marques et mémoriser des slogans !

Les médias de la guerre de 1939-1945 (9)

La radio, le média déterminant

Durant la Seconde Guerre mondiale, la radio fut le média déterminant.  Avant le début des hostilités et dès ses premières conquêtes, le pouvoir hitlérien  utilise la radio comme instrument de propagande théorisée par Goebbels. Bien que disposant de l’émetteur d’Allouis ( le plus puissant d’Europe)  diffusant des émissions en plusieurs langues, la France, faute de responsables compétents,  est en infériorité dans la guerre des ondes.  Durant le conflit, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis adoptent une ligne non-propagandiste, totalement fidèle au principe de « dire la vérité ». 

La voix de la France libre

Après la défaite, la France occupée délaisse RADIO PARIS, investie par l’occupant.  Elle cherche à capter, sur la radio de Londres, l’émission Les Français parlent aux Français. audible malgré le brouillage, et reçoit périodiqement les messages que lui adresse le général de Gaulle. C’est de Londres que sont diffusés les messages à la Résistance, dont celui qui va annoncer  le débarquement allié du mardi 6 juin 1944. 

Durant toute l’Occupation, de nombreux journaux s’impriment clandestinement et sont diffusés malgré le danger permanent.

La liberté d'expression dans la presse et les médias

A – mai 1942 – lettre au maréchal
B – 15 / 4 / 1943 – un seul chef : De Gaulle !
C – 25 / 2 / 1944 – unification de la Résistance
D – juillet 1944 – le groupe Erckmann-Chatrian
E – 15 / 7 / 1944 – communiqué FTPF
F – 13 / 4 / 1945 – mort de Franklin D. Roosevelt
G – 8 / 5 / 1945 – la victoire !

La presse depuis 1945 (10)

Toutes sensibilités confondues, en 1945, la Résistance voulait évincer les journaux collaborateurs et certaines pratiques de la presse d’avant- guerre.  De mai à septembre 1944, furent promulguées les ordonnances dites de 44,  afin d’interdire les prête-noms et d’imposer la transparence des flux financiers, en bref, de moraliser la presse.

Après la victoire sur le nazisme, la presse de la Résistance ne réussit pas sa reconversion,  victime du déclin des quotidiens, des  difficultés financières et du succès croissant des magazines. En particulier L’EXPRESS et L’OBSERVATEUR, qui adopteront la formule des news américains,   avec la décolonisation et les transformations économiques et politiques comme principaux thèmes. Deux exceptions : Le Monde s’impose et LIBERATION renouvelle l’image du quotidien.

Depuis, malgré la loi de 1984 (dont le but était d’éviter les concentrations) et les aides fiscales,  la presse quotidienne est en déclin, restant tributaire de la vente au numéro  (son taux d’abonnement est très faible) et continue de devoir relever le défi internet. Globalement, la crédibilité de la presse est inférieure  à celle de la télévision et de la radio !

La télévision (11)

C’est le couronnement de la reine Elisabeth II? en 1953? qui marque l’entrée de la télévision  dans la vie des Français ; l’événement fait passer le nombre de récepteurs de quelques milliers à 60 000 ! Très vite, les  politiques prennent conscience de la puissance du nouveau média,  sans pour autant en maîtriser l’usage. Le général de Gaulle décidera que la télévision  sera « la voix de la France », et il en usera avec bonheur et efficacité.

La radio, qui devait a priori souffrir de cette concurrence, reste très écoutée par les Français  avec l’arrivée des transistors et l’émergence des premières radios libres dans les années 60.  La véritble victime de cette nouvelle concurrence sera en fait la presse écrite !

ORTF, nouvelles chaînes, arrivée de la publicité et de la couleur, Haute Autorité, privatisations, CSA…  La télévision connaîtra une histoire agitée et différentes orientations, impulsées par les ministres  et les présidents de chaîne successifs, sans que l’on sache encore aujourd’hui précisément si le résultat est bien celui espéré par les citoyens ? La télévision peut être un remarquable outil de connaissance, de distraction, de culture, de débats… À condition de ne pas coincer quelques instants d’intelligence entre un tunnel d'écrans publicitaires  et une série B américaine de seconde zone. 

La presse n’ignore pas le phénomène et des hebdos vont se spécialiser sur le sujet !

Années 1990, l'apparition d'Internet (12) 

Années 90: INTERNET, une nouvelle étoile, apparaît dans le firmament médiatique.  INTERNET est issu d’une initiative du ministère américain de la Défense,  soucieux de coordonner les ordinateurs de ses différents centres de recherche.  En 1991, deux techniciens de CERN mettent au point un système (World Wide Web)  accessible au grand public.

Internet a déjà connu plusieurs générations : la fourniture prolifique d’informations à ses débuts  (années 90), l’ouverture du marché des télécommunications et l’explosion du nombre d’ordinateurs connectés (fin des années 1990 - début des années 2000), la merchandisation accrue de la toile,  le développement du web 2.0 proposant des moyens d'interaction entre les individus  et les réseaux sociaux (fin des années 2000), l’explosion de l’utilisation nomade, surtout parmi les jeunes,  malgré la taille réduite pour l’instant des écrans (début des années 2010)...

Internet est devenu un enjeu de société. Outre notre dépendance à la vie connectée, Internet soulève des questions : l’apprentissage de son utilisation, la maîtrise de l’information, l’accompagnement des jeunes sur la toile, les pièges qu’ils peuvent y rencontrer... Par extension, les récents événements, comme les départs volontaires de jeunes combattants endoctrinés  vers le Moyen-Orient, ont mis en valeur le potentiel de diffusion et de propagande d’internet  pour les extrémismes de tous bords.

Autant de sujets, et d’autres en matière de consommation et de mode de vie,  qui posent la question capitale de l’apprentissage des moyens d’information, notamment par les jeunes,  et de la maîtrise nécessaire pour surfer afin de minimiser les chances d’être abusé  et de développer son esprit critique. 


La liberté d'expression dans la presse et les médias

Années 2010... La crise de la presse écrite (13)

Depuis 20 ans, la tendance est incertaine. Depuis 2009, le chiffre d’affaire de la presse écrite  est en baisse. La diffusion de la presse quotidienne nationale et de l'ensemble des quotidiens payants est dépassée par celle des quotidiens nationaux gratuits. La vente des journaux papier,  qui constitue le principal revenu, avec la publicité, de la presse quotidienne et de la presse magazine payante,  est en baisse face à la concurrence des gratuits d'une part, aux évolutions des technologies internet et des pratiques d'autre part (tablettes, offres numériques, kiosques électroniques, etc.).  S'ajoute la perte d'annonceurs attirés par les nouveaux médias.

Des enjeux de la crise de la presse écrite En France, la presse est aidée par l'État au nom de la préservation du pluralisme. Résoudre la crise n'a pas seulement une signification économique et sociale.  Elle résonne sur le plan de nos libertés. Une presse écrite en bonne santé est un symptôme  de liberté d'expression et de démocratie dans une nation.

Qu'est-ce qui fait acheter un journal papier, quotidien ou magazine ? Seul le contenu, au final, fait la différence. Au-delà des aides de l'État, la pressse écrite  a un double défi à relever. Elle doit s'imposer sur les nouveaux médias numériques et surtout gagner la compétition du contenu en continuant à inventer  afin de séduire de nouveau les lecteurs.

La presse écrite aujourd’hui, de quoi parle-t-on ?

Il existe cinq grandes familles au sein de la presse écrite : la presse quotidienne nationale où l'on distingue  la presse d’information générale (Le Parisien, Le Figaro,  Le Monde...) et la presse d’information sportive (L'Equipe...).  On y recense trois groupes financiers principaux 
(Amaury, Le Figaro, Le Monde). 

  1. La presse quotidienne régionale avec une dizaine  de groupes financiers (groupe Hersant Média, SIPE-Ouest,  Sud-Ouest...). 
  2. La presse magazine (Groupe Bayard, Express, Lagardère,  Marie-Claire, Mondadori, Prisma Médias...)
  3. La presse spécialisée (on distingue la presse grand public  de la presse technique et professionnelle)
  4. La presse gratuite où l'on distinguera  la presse gratuite à contenu rédactionnel ou d’information  de la presse gratuite d’annonces.

 

2015, la liberté d'expression face à de nouveaux dangers (14)

De la confusion entre le sentiment et la loi

Aujourd'hui, certains croyants ressentent la moquerie comme une offense et pensent justifié  de limiter la liberté d'expression concernant les religions et leurs symboles.  C'est la confusion entre l'intensité légitime d'une conviction religieuse et la loi.  La loi n'a jamais été faite pour ériger en règle le sentiment humain.  En France, bâillonner un détracteur de la religion au nom de son indignation personnelle  est aussi illégitime qu'empêcher les croyants de se rendre sur leurs lieux de cultes  pour quelque raison ou susceptibilité que ce soit.

De la confusion entre la croyance et la vérité

L’existence d'un grand architecte de l'univers, nous éclairant pour une destinée meilleure,  a sans doute été espérée un jour par un très grand nombre d'entre nous.  L'existence d'une force supérieure, en dehors de la nature, n'a encore jamais été démontrée,  même si une part de l'humanité a légitimement le droit de croire en sa réalité.  Les sciences ont ouvert des voies pour commencer à comprendre la nature, la vie et son évolution. Si la croyance peut être belle et intense, elle n'en reste pas moins une vérité personnelle,  l'adhésion à une thèse ou des hypothèses qui n'engage que celui qui les fait siennes.

L'illusion d’une vérité

L'espoir d'un guide pour calmer nos inquiétudes ou trouver notre équilibre est peut-être ce sentiment universellement ressenti où croyants et non-croyants peuvent se réunir, mais à une condition :  tirer les leçons de l'Histoire. L'illusion qu'ont pu avoir des hommes d'imposer leur vision  a toujours échoué, dans le sang, face à la volonté d'autres hommes de penser autrement.  En France, il y a plus de 100 ans, une réponse s'est construite dans la paix. celle de laïcité.  

Limiter la Liberté d'expression  est un vieux phantasme  des pouvoirs et des fanatismes.  

En France, jusqu'à la fin de l'Ancien Régime,  des forces au sein de la religion dominante,  l'Église catholique, et les élites au pouvoir auxquelles elle avait toujours été liée,  ne se sont jamais arrangées des critiques ou des moqueries  et ont imposé ou tenté d'imposer des "limites"  à la Liberté d'expression...  Depuis la République est née ;  aujourd'hui les temps ont changé ! 

La laïcité (15)

En France, il y a plus de 100 ans, une réponse s'est construite, la LAÏCITÉ. 

Le mot laïcité apparaît vers 1870. Mentionné dans le texte des lois de 1881 et 1882 sur l’enseignement primaire, la laïcité est définie dans l’article 1  de la loi de séparation des Églises et de l’État du 9 décembre 1905. La République assure la liberté de conscience, elle garantit le libre exercice des cultes et la liberté de croire à tous les croyants ou de ne pas croire à chacun qui le souhaite. L’essentiel étant ne pas nuire à son tour à la liberté de son prochain d’une part et que la séparation soit claire entre le temporel et le spirituel, entre le public et le privé d’autre part.

La laïcité est le ciment de la République

La laïcité est liberté. Elle considère que celle-ci ne s’aménage pas. On est libre ou on ne l’est pas. Ainsi, au sein de la société française, elle garantie la liberté de conscience et l'espace spirituel  de chacun, territoire inaliénable. La Laïcité est égalité, curieuse de tout et de tous,  elle ne reconnaît aucune version de la croyance, elle les reconnaît toutes,  pourvu que celles-ci poursuivent des objectifs de progrès humains et respectent tous les individus. La laïcité est fraternité. Libres de penser, égaux en droit quelque soit leur condition et leurs croyances, les Français vivent dans la fraternité et la paix civile depuis plus d’un siècle.

Depuis longtemps, dans la paix civile, la France est la deuxième fille de l’Église catholique et la première communauté musulmanne dans l’Union européenne ainsi que la troisième diaspora juive au monde. Qui peut en dire autant ? Une réalité historique que les détracteurs de la liberté d’expression à la française doivent méditer.

la laïcité est un état d'esprit, partie de l’identité républicaine française. La laïcité sait que la vérité est une quête  et que l'essentiel n'est pas de la détenir  mais de toujours la chercher. Ainsi, elle n'affirme pas sans démontrer scientifiquement et si elle ne peut pas, elle considère que le doute  est une opportunité de se rapprocher de son prochain  dans le questionnement et le débat.

Quand tous les hommes seront libres, ils seront égaux ;  quand ils seront égaux, ils seront justes." Antoine de Saint-Just (1767-1794)

La liberté d'expression en France (16)


En France, la liberté d’expression est une liberté fondamentale La liberté d'expression est garantie par la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789  dans ses articles 10 et 11. La loi du 29 juillet 1881 libère la presse,  premier moyen d'expression, des obligations d’autorisations préalables à la diffusion.  Plus tard, les réunions, toujours réglementées selon les époques,  seront autorisées sans aucune déclaration préalable.  Puis, en 1935, les manifestations seront autorisées  selon une simple déclaration préalable. En 2004, la loi du 11 juin  pose les bases de la protection des données personnelles  dans les communications électroniques.

« La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui... »

Franchi cette limite, il y a abus de droit.  C'est cette limite, ne pouvant « être déterminées que par la Loi »,  qui est jugée par elle. La liberté d'expression en France  est déjà particulièrement encadrée, au moins 400 textes y font référence,  beaucoup plus qu’en Allemagne ou aux États-Unis plus permissifs encore.

Les abus qu'en à l'utilisation de cette liberté en France réglementés sont, par exemple :
    l'insulte publique et la diffamation, La menace de commettre un crime  ou un délit contre les personnes...
    La discriminations raciales, le négationnisme...
    la protection de l'enfance, la publicité pour des produits ou de méthodes  permettant de se donner la mort...
    la défense de droits de propriété intellectuelle, l'atteinte au secret professionnel...

La reconnaissance sur le plan international

En 1787, aux États-Unis, la Constitution américaine du  et le Premier amendement de 1791 vont garantir la liberté d'expression.  Puis, en France, l'article 11 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789 (1) consacre la liberté d'expression. 

En 1948, la Déclaration universelle des droits de l’homme, signée à Paris par l'Assemblée des Nations Unies  consacre la liberté d'expression,  conjointement à la liberté de conviction  et de religion, dans ses articles 18 et 19.  En 1950, le Conseil de l'Europe  (qui groupe 47 États membres)  signe la Convention de sauvegarde  des Droits de l'Homme  et des Libertés fondamentales,  entrée en vigueur le 3 septembre 1953.  C'est l'article 10 de cette Convention   qui garantit la liberté d'expression.

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